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Learning about wine, vines and vignerons whilst living in the Languedoc

2019 en francais

Verre et bouteille

Le 2 octobre s’est avéré être une journée intéressante à la cave en deux phases distinctes. Le matin, nous pressions les raisins vinifiés en amphores et ensuite, dans l’après-midi, nous avons mis en bouteille le premier vin de 2019! Cela peut paraître singulier mais il y a une raison que je vais expliquer.

Les nouvelles amphores avaient été remplies de raisins Piquepoul Gris et Terret Blanc le 12 septembre et, après une macération de trois semaines, il était temps d’écouler le jus. Ceci est simple dans une cuve typique mais les amphores demandent beaucoup plus de travail. Les peaux de raisin et la pulpe ont dû être soulevées à la main vers la presse, une tâche laborieuse.

Une fois qu’on avait enlevé la majeure partie des raisins, le reste du jus doit être évacué en le siphonnant des amphores. On a ajouté les peaux dans les deux presses à paniers et le jus transféré dans une cuve inox avec le jus siphonné. Certains raisins de Cinsault avaient été mis de côté pour être ajoutés à l’assemblage dans la presse, réalisant un gâteau coloré après le pressage. Ce gâteau est ensuite cassé et reconstitué pour ajouter plus de jus et de tanins au vin.

Juste une deuxième pression très douce pour ne pas extraire trop d’amertume des pépins. Le vin qui en résulte, de couleur rose clair / orange, a un goût vraiment bon. Le vin a quelque chose de textural ainsi que les saveurs de poire et de pomme. J’ai vraiment hâte de le goûter quand ce sera fini.

Amphore avec la couche qui ressemble a du verre

Une note très étrange sur les amphores. Certains sucres du vin avaient en fait réussi à s’infiltrer dans l’argile jusqu’à son extérieur. Il en résultait une couche brillante ressemblant à une apparence de verre. Cela avait un goût de miel à l’extérieur des amphores, bizarre.

Dans l’après-midi, la mise en bouteille. Alors, vous vous demandez peut-être, comme je l’ai fait moi aussi, pourquoi mettons-nous en bouteille un vin qui était un raisin à la vigne exactement un mois plus tôt? Trop tôt sûrement?

Ce serait certainement le cas pour un vin tranquille, mais ce que Jeff fabriquait était un PetNat, un vin mousseux élaboré à la bouteille. Le jus passe en bouteille et bien que la première fermentation soit terminée, il y en aura encore une autre dans la bouteille. Le dioxyde de carbone résultant devient les bulles. Dans quelques semaines, les bouteilles seront vidées, retirant les lies pour créer le vin mousseux qui sera refait et refermé. J’ai décrit ce processus dans cet article en 2017. Un bouchon de métaille est utilisé car la pression du CO2 pousserait un bouchon de liège normal.

Nous avons rempli un millier de bouteilles avec le vin des raisins blancs de La Garrigue tels que le Sauvignon Blanc et le Muscat. Ce doit être l’un des premiers embouteillages d’un vin de la France en 2019, mais si tout va bien, vous comprenez maintenant pourquoi.

Jeff et Icare – Netflix stars

Netflix a diffusé de nouveaux épisodes le week-end dernier de la série «Rotten», dont l’un met en vedette Jeff Coutelou. La série examine l’industrie des produits alimentaires et des problèmes qui y sont associés. Les épisodes précédents ont présenté des sujets tels que les cacahuètes, le cabillaud et le lait. La série 2 inclut un sur le vin intitulé ‘Reign Of Terroir’.

Le programme examine le rôle du Languedoc Roussillon dans l’approvisionnement en vin. Selon le programme, il produit 20% de la consommation du vin bu dans le monde. Cependant, la région est confrontée à une concurrence croissante du monde entier. ‘Rotten’ examine la façon dont les importations moins chères en provenance d’Espagne ont miné les producteurs du Languedoc et ont même été vendues frauduleusement comme du vin français. L’action directe de certains producteurs contre de telles importations est examinée en détail. Le programme poursuit en examinant une nouvelle concurrence qui émerge vite de la Chine.

Les cinéastes sont venus à Puimisson lors des vendanges de 2018 et ont passé quelques heures à filmer Jeff et  son équipe. Les entretiens expliquent comment Jeff et son père, Jean-Claude, ont abandonné la production de vin en vrac, ce que fait la plupart des vignerons du Languedoc, pour se spécialiser dans la vinification bio, allant même jusqu’à arracher des vignes pour planter des arbres et des plantes afin de diversifier l’environnement du vignoble. Cette partie du programme sert d’équilibre à la vinification que nous voyons dans l’immense coopérative L’Occitane à Servian, à proximité.

L’une des camionettes chargées de l’équipement

Il est très bien filmé et les scènes finales du vignoble de Rome, où Icare saute parmi les vignes, sont charmantes. Jeff explique son mantra que le secret du bon vin c’est l’amour, ce qui contraste avec ce que l’on voit ailleurs dans le programme.

Devriez-vous regarder? Bien sûr, c’est un programme intéressant. Il met en évidence les problèmes et les points de vue divergents, s’inscrivant parfaitement dans le contexte des thèmes de la série. Cependant, vous pouvez m’appeller partial, mais les stars sont claires et évidentes.

Vous pouvez la voir ici.

Vendanges 2019 – The End

Julien avec la derniere caisse 2019

La vie est pleine de surprises.

Je me suis rendu à la cave lundi le 23 septembre afin de prendre quelques photos du pressage et les progrès avec la vinification. Quand je suis arrivé, Jeff et Julien étaient seuls et pressaient le marc du Cinsault. Le jus libre avait déjà coulé dans une cuve, mais la peau et la pulpe du raisin retiennent encore beaucoup de jus, elles sont donc pressées pour ajouter plus de tanins et de couleur au vin fini.

Cependant, déplacer des tonnes de peaux de raisin d’une cuve à travers une petite porte puis l’envoyer dans la presse est un travail difficile. Bien qu’ils s’en sortent suffisamment bien, j’ai décidé de les aider et de me retroiusser les manches. C’est un entraînement véritable pour fourrer toute cette pâte, ça devient très salissant (mauvaise nouvelle pour mes chaussures) mais le travail est fait. Plus de remontages dans l’après-midi, mais aussi la possibilité de goûter à travers les cuves avant d’envoyer des échantillons pour des analyses.

Toujours du nettoyage

Déguster des vins de cuve pendant ou juste après la fermentation est un défi. Jeff y est habitué et il sait comment un vin va émerger. Je goûte beaucoup de vins et je connais très bien les siens, mais tout ce que je cherche à obtenir, c’est une idée de l’acidité, des tanins et de la présence de fruits, pour voir si ces éléments sont équilibrés. Heureusement, c’est une bonne nouvelle à tous les égards. Les vins étaient bons, très prometteurs pour le millésime, après l’excellente qualité de l’année dernière. Les analyses sont également bonnes, il y a eu une ou deux peurs au cours du mois, mais les vins se sont débrouillés, avec l’aide de Jeff bien sûr.

Une semaine plus tard, j’ai été un peu surpris d’apprendre qu’il devait y avoir une dernière vendange. Cela s’est produit les années précédentes, ramassant souvent du Muscat pour le soléra. Cependant, il y avait quelques rangées de Grenache Gris non vendangées et le 30 septembre, un mois après le début de la récolte, nous avons recommencé.

J’étais à la vigne avec l’équipe marocaine de quatre personnes toute la matinée (ma douleur du dos me rappelant à quelle vitesse nous nous échappions de la pratique et du rythme). Puis retour à la cave où les raisins, avec quelques vignes de Macabeu, ont été vite pressés.

Le Grenache Gris est l’un de mes cépages préférés. Sa couleur rosé le distingue et beaucoup de mes vins blancs préférés du Languedoc, et en particulier du Roussillon, sont élaborés avec ce cépage. Les grappes étaient en bonne santé, le vin devrait être très bon.

Dans l’après-midi, nous avons utilisé le marc du Grenache Gris. Il a été renvoyé dans l’égrappoir et les raisins placés dans un conteneur avec un peu d’eau. Cela va faire un vin «piquette», un vin léger. J’ai été surpris de lire quelques jours plus tard que les vins de piquette sont la nouvelle tendance aux États-Unis. C’est une tradition à Puimisson. Mercredi, la piquette était déjà en fermentation lorsque nous l’avons regardé.

Il reste encore beaucoup à faire à la cave, mais c’était définitivement la fin, les derniers caisses sont arrivées. Je pense.

Vendanges 219 – Mother Nature’s Son

L’aube sur le Carignan

L’un des vins phares de la gamme Coutelou cettes dernières années c’est le Flambadou, composé à 100% du Carignan Noir du vignoble Rec D’Oulette (connu localement comme Chemin de Pailhès). Jancis Robinson, écrivain spécialisé dans le vin, a fait l’éloge de Flambadou pour ses saveurs de fruits noirs, ses tanins subtils et son pur plaisir, ainsi que pour sa capacité à bien vieillir.

C’était donc quelque peu surprenant que Carignan ait tant souffert cette année, en particulier à cause de la canicule intense du 28 juin. Ce fut le cas pour les vignes de la région et Carignan semblait souffrir le plus, une surprise car il est originaire d’Espagne et de la Méditerranée et, par conséquent, il devrait être habitué à la chaleur. Cependant des vignes entières ont été grillées dans certaines parties du Languedoc.

Carignan apres la canicule

Dans les jours qui ont suivi le 28 juin, le Carignan de Jeff a démontré des signes évidents de stress; C’était presque comme si la grappe se protégeait plus oû elle est proche de la vigne elle-même mais les raisins extrêmes ont été sacrifiés. Je n’ai aucune justification scientifique ou botanique à cela, c’est tout simplement mon impression. Jeudi le 19 septembre (jour 16 des vendanges), il était temps de récolter le Carignan.

J’ai aidé à vendanger pendant deux ou trois heures. La pluie de la semaine précédente avait laissé le sol très boueux sous le pied, donc le travail était difficile. Certaines rangées de la parcelle étaient meilleures que d’autres, une sélection minutieuse et un tri des grains secs bien nécessaires. Après mes vendanges, je suis retourné aider au tri à la cave pendant que les vendanges se poursuivaient.

Le Carignan serait fait en grappe entière, la première fois que Jeff le faisait ainsi. Ne vous méprenez pas, il y avait beaucoup de bons fruits, mais ils en avaient certainement souffert et la quantité était bien sûr en baisse. On a ajouté plus de Carignan du vignoble Peilhan le vendredi 20, une parcelle moins affecté par la chaleur que Rec D’Oulette, déconcertant.

L’autre problème du millésime était la coulure et le millerandage. Ce sont les deux faces d’une même pièce, les grappes endommagées par le vent pendant la floraison, de sorte qu’une partie des raisins ne s’est pas formée. La combinaison de cela et les dégâts du 28 juin ont fait que certaines grappes étaient assez ouvertes aux éléments.

Les lecteurs assidus sauront que les grappes soient donc sont sujets aux maladies mais, heureusement, cela n’a pas posé de problème cette année. Par contre, ver de la grappe en a profité. Le papillon atterrit sur la grappe lâche, pond ses œufs et dès qu’ils éclosent, le petit ver s’enfouit dans les raisins pour former son cocon. Le raisin abîmé et le jus coule sur les baies entourantes qui attrait le pourri.  En vendangeant, je suis tombé sur un papillon de nuit assis sur une grappe.

Ainsi, à bien des égards, le Carignan était un reflet du millésime – petite quantité en raison des dommages causés par la chaleur, coulure, millerandage et ver de la grappe. Cependant, un reflet dans le fait qu’une grande partie du fruit était plein de saveur, concentré et délicieux. Le lundi 23, nous avons goûté du jus de la cuve et c’était délicieux. Je sais que je pourrais être accusé de partialité, mais c’est tout à fait vrai. Le Carignan est certainement «Mother Nature’s Son» in 2019.

Et ça y était, les vendanges 2019 terminées. Il reste beaucoup de travail à la cave, par exemple en pressant les rouges qui macèrent sur la peau et la pulpe depuis plusieurs jours. Jeff doit également prendre des décisions sur les vins qui seront assemblés avec d’autres pour équilibrer les niveaux d’acidité, des saveurs et les niveaux d’alcool.

L’évolution du Carignan sera mon principal centre d’intérêt pour ce millésime. Ce dont je suis convaincu, c’est que Jeff Coutelou fera quelque chose de bien à boire.

Jours 16 & 17

Vendanges 2019 – The Long And Winding Road

Ca devient compliqué!

Début de la troisième semaine de vendanger, des corps fatigués, surtout le mien, le vieux du groupe. Des entailles et des coupures à la main, des douleurs au dos et aux articulations, des contusions et des bosses, mais j’aime toujours tout. Pendant ce temps, Jeff est confronté à son casse-tête annuel: quels vins vont-ils où, que faut-il faire pour que chacun atteigne son meilleur niveau, de quoi assembler avec quoi. C’est un puzzle 3D dans la vraie vie.

Deux remontages en meme temps

Les petits tableaux noirs nous rappellent peut-être ce qu’est le vin dans chaque cuve, quand il a été ramassé, l’histoire de sa fermentation et de sa transformation en vin à partir de jus de raisin, mais Jeff doit garder tout cela dans sa tête (et son tableur Excel) pour que nous puissions transférer le vin d’une cuve à une autre, donnez un remontage pour l’un, le pressoir pour un autre. Il mène de l’avant, soulève et porte de lourdes charges, conduit, répare des machines qui craquent. Il doit être très fatigué et stressé, mais il continue malgré tout et nous répondons à son tour.

Macabeu et Grenache Gris

Lundi 16, jour 13. Une petite récolte de Grenache Gris et de Macabeu de Peilhan, un vin d’assemblage peut-être ou une très petite cuvée. C’était principalement un jour de cave, ainsi mardi le 17 septembre. Pressurage des raisins de Rome, pigeage du futur vin orange de Muscat d’Alexandrie, remontages et pigeages sur tous les cuves. Secateurs à la vigne, c’est l’image traditionnelle des vendanges, mais ce travail en cave est essentiel pour nourrir le jus, pour surveiller sa progression vers le vin du millésime 2019. En pressant le fruit rouge qui se trouvait sur sa peau et sa pulpe, le marc qui reste après l’extraction du jus peut également être enlevé, prêt à être distillé. C’est après tout, Vins et Spiritueux Coutelou.

Mercredi 18, jour 15, retour dans le vignoble et vendanges du Mourvèdre de Segrairals. Une partie de cela avait été cueillie le dimanche par les amis “Rugbymen” de Jeff pour faire leur propre cuvée et c’était un fruit impressionant.

La pente du vignoble signifie que les parties inférieures peuvent parfois être un peu humides et que les fruits ne sont pas aussi sains que les autres, une sélection et un tri soigneux s’ensuit. Le jus obtenu était très bon, reflétant l’histoire de l’année, il était concentré avec un potentiel d’alcool assez élevé. Je prédis qu’il sera assemblé bien qu’il s’agisse de son proper cuvée dans le passé.

Mon ami Steeve, originaire de Besançon dans le Jura, a été bien accueilli dans l’équipe cette semaine. Il s’est rendu à plusieurs reprises et a travaillé lors des dernières vendanges et pour aider à la taille en hiver. Son enthousiasme et son expérience se montrent très utiles et ont contribué à nous rajeunir tous.

Un dernier effort requis, le Carignan restait à ramasser. Son histoire cette année est cependant un résumé du millésime, je la laisserai donc à la prochaine fois.

Jour 13 Jour 15

Vendanges 2019 – We Can Work It Out

Travail en équipe

Si le jour 10 des vendanges a vu les huit cépages différents, les jours 11 et 12 étaient en contraste. Vendredi le 13 septembre était consacré au Grenache et le samedi au Cinsault. Ces deux cépages, ainsi que la Syrah, constituent l’essentiel de la production de Coutelou, importante pour les différents vins qui apparaissent chaque année et pour le bien-être économique du domaine.

Le Grenache venait de La Garrigue, planté sur une pente vers le sud, orienté au soleil. Il supporte bien la chaleur, d’origine espagnole et cultivé tout autour de la Méditerranée (connu sous les noms de Cannonau, Garnacha, Alicante, entre autres). Traditionnellement, cette parcelle rend des fruits de bonne qualité qui sont assemblés avec des autres vins pour faire la cuvée «Classe» par exemple.

Je me sentais mal le vendredi, mais une journée à trier de bonnes grappes de raisins délicieux contribue à l’amélioration de la journée. Il y en avait beaucoup aussi, peut-être que la pluie récente avait légèrement augmenté le rendement. Une visite rapide des vignes non cueillies pour vérifier leur maturité a également stimulé les esprits surtout du beau Mourvèdre.

Mourvedre

Samedi (je me sentais mieux alors que je prenais plus de photos) et c’est le jour du Cinsault de Segrairals. Ces raisins font la cuvée «5SO Simple» ainsi que pour être assemblés avec d’autres vins, par exemple pour le rosé.

Les raisins de Cinsault ont tendance à être gros et les grappes peuvent en souffrir un peu. Les gros raisins laissent des espaces dans la grappe, ce qui la rend vulnérable aux maladies et à l’insertion d’insectes, surtout ver de la grappe. Ce papillon pond ses œufs dans la grappe et les raisins sont transpercés par les larves qui en résultent. Cela fait couler le jus dans la grappe et attire la pourriture.

Cocon du ver de la grappe dans le Piquepoul Noir

Le tri à la vigne et sur la table à la cave doit être minutieux. Cela dit, 2019 a heureusement été une année caractérisée par peu ou pas de maladie.

La journée a montré comment différentes sections du vignoble se distinguaient par la qualité des raisins. Il y avait des parties qui donnaient des fruits à peine mûrs mais d’autres qui fournissaient de gros raisins noirs, délicieux à manger. Puisque en 2019 il fait très chaud et sec une grande partie du vin est très concentré et riche en alcool. Les raisins peu mûrs du Cinsault donc se sont prouvés utiles pour réduire l’alcool et hausser l’acidité. La nature trouve parfois ses propres solutions.

Beau Cinsault

Pendant ce temps, dans la cave, il y a plus de travail à faire. De plus en plus des cuves sont pleines et ont besoin de remontage, de batonnage ou de pigeage. L’équipe doit bien travailler ensemble, heureusement c’est forte.

Il fallait également tourner le jus et les raisins des amphores  pour faire tremper les peaux. La fermentation a déjà commencé, comme vous pouvez le voir dans cette vidéo.

Le Cinsault vendangé, il ne reste plus que deux à faire en 2019, le Mourvèdre et le Carignan. Deux semaines intensives se sont écoulées et il reste encore beaucoup à faire.

Jeff fait une pigeage manuelle dans l’amphore

Jour 11 Jour 12

Vendanges 2019 – Eight Grapes A Day

Carignan Blanc, Carignan Noir, Terret Blanc, Piquepoul Gris, Muscat d’Alexandrie, Macabeu, Castets, Morrastel.

Ce sont les huit cépages vendangés jeudi le 12 septembre (jour 10 des vendanges). Il y en a des inhabituels. Morrastel est un cépage espagnol d’origine (connu sous le nom de Graciano). Il fait partie de la nouvelle plantation de Peilhan en 2015, et il donne déjà des fruits généreux en grosses grappes. Le Castets, originaire du sud-ouest de la France, était très rare mais il est devenu célèbre en 2019 car il est parmi les nouveaux cépages permis d’être inclus dans ses vins par l’AOC Bordeaux. Jeff en a planté à Peilhan bien avant cela en 2011, ses petites baies concentrées la distinguent.

Vendanges du Morrastel Castets

Dans le magazine Decanter, Andrew Jefford a récemment décrit la vinification comme le papier de tournesol du rechauffement climatique. Je pense que c’est un excellent moyen de décrire la situation. Quand le carignan, un cépage méditerranéen, est durement touché par une canicule telle que nous avons connue cet été, il y a quelque chose qui cloche. Le Castets, avec d’autres variétés, a été ajouté au mix Bordeaux afin d’aider ses vignerons à s’adapter à la nouvelle situation climatique. Morrastel et d’autres variétés espagnoles / italiennes / grecques pourraient bien être une partie de la solution pour des régions comme le Languedoc.

Jeff est bien conscient du problème et c’est l’une des raisons pour lesquelles il a tant expérimenté avec différents cépages pendant ces derniers ans aussin bien qu’il essaie d’ajouter des nuances de saveur, de variété et de découvrir la meilleure façon pour son terroir de s’exprimer.

Le Carignan Blanc est entré directement dans la presse, il va former sa propre cuvée ou il pourrait être assemblé, nous verrons comment il se révélera et comment il pourrait s’ajouter aux autres vins blancs de l’année. Les Terret Blanc et Piquepoul Gris, tous deux issus de la même plantation que le Morrastel en 2015, ont été ajoutés aux deux nouveaux amphores. Ce sera un vin intéressant à suivre car Jeff a utilisé du raisin rouge dans ses amphores plus anciennes. Je pense que la version blanche pourrait bien être plus intéressante encore.

Le Muscat d’Alexandrie produit toujours de gros raisins, parfumés comme la plupart des Muscats, mais ceux-ci sont cueillis avant qu’ils ne deviennent sucrés. Les raisins ont été égrappés et mis en cuve. Récemment ils font du vin orange (OW), je suppose que cela suivra cette voie.

Muscat d@Alexandrie, juteux

Le Macabeu est un autre cépage espagnol (connu sous le nom de Macabeo ou Viura) mais il a bien résisté dans le vignoble de Puimisson, produisant souvent sa propre cuvée synonyme. Pressé immédiatement on l’a mis en inox comme le Muscat. Le Carignan de Peilhan a de nouveau été égrappé et sera utilisé pour l’assemblage. Le Carignan de Rec D’Oulette (ce qui fait Flambadou) devrait quant à lui être le dernier des vendanges de cette année.

Une journée fascinante avec une telle variété de raisins et d’histoires. Un qui fait réfléchir aussi sur la situation critique.

Icare et Bulles (chien d’Alain) ont trouvé chaud ce jour

Jour 10

Vendanges 2019 – Rain

Finalement. Peut-être quelques semaines trop tard, mais nous avons eu environ dix heures de pluie mardi pour soulager le Languedoc desséché. Cela dit, il a bientôt reséché et il faudra beaucoup plus de pluie pour le bien-être de la région. Cependant, pour les vignes, c’était un soulagement bienvenu et il faudrait raviver certaines vignes desséchées.

Cinsault sous la pluie, les vignes ramassées mercredi

Jeff Coutelou m’a dit que dans le vignoble de Peilhan, par exemple, les raisins étaient plutôt de la peau et de la pulpe, il y a maintenant un peu de jus pour les équilibrer. Nous avons vendangé de beaux fruits mais il est très concentré et manque de jus. Alors que pour le compte bancaire de Jeff, la pluie aurait été plus agréable il y a un mois pour étoffer tous les raisins et fournir plus de vin, c’était mieux que rien. J’ai vu un producteur du sud du Rhône dire que c’était comme si des billets de 100€ tombaient du ciel. C’est peut-être vrai pour Châteauneuf du Pape mais pas pour Jeff qui a dit que des pièces de quelques centimes seraient peut-être plus précise.

La veille de la pluie, le lundi 9 (jour 8 de vendanges) était une ramassage du Grenache de Sainte Suzanne. Il a été mis en cuve en grappes entières pour donner un vin plus fruité, une macération semi-carbonique.

Anthony recueillit des caisses de Grenache, l’étoile sur l’écurie

Pas de vendanges le mardi ou mercredi matin, les photos montrent pourquoi avec de l’eau sur les raisins. Mercredi après-midi (Jour 9), nous avons eu plus de Grenache et le premier Cinsault de l’année. C’était égrappé comme d’habitude.

Cinsault Grenache

Pendant ce temps, Jeff a profité pour travailler davantage sur les vins en cuve qui ont tous commencé leurs fermentations. Les blancs ont pris un peu plus de temps dans leurs cuves refroidies mais ils ont également commencé: remontage, versement ou pompage du vin par dessus la croûte de peaux et de pulpe de raisin; batonnage, en remuant les vins blancs en cuve; pigeage, enfoncer la croûte dans le vin pour la même raison que le remontage.

Pendant ce temps, les chiffres sur la densité spécifique des vins continuent à diminuer, indiquant que le processus de fermentation se poursuit avec succès.

Pour vous donner une idée de la fermeté de cette croûte et des efforts nécessaires pour la réduire, regardez la vidéo de Jeff sur le chapeau de la Syrah de La Garrigue.

Day 8 Day 9

Vendanges 2019 – Girl

L’une des particularités de la langue française (comme des autres langues européennes) est l’affectation de noms masculins ou féminins. Les tables sont féminines, les crayons masculins, les fins de mots généralement masculines ont des exceptions et vice versa. C’est un champ de mines pour les anglophones.
Les cépages ont également un genre, mais la grande majorité sont masculins. Parmi les principaux cépages, un seul est féminin, la Syrah. Mon vin préféré de Jeff Coutelou est 100% Syrah, La Vigne Haute. Les raisins proviennent du vignoble de La Garrigue sur une pente exposée au nord pour éviter le soleil direct au plus chaud.

La Vigne Haute n’est faite que lors des millésimes spéciales, dans d’autres années, les raisins entrent dans d’autres cuvées. Le sort de la Syrah 2019 de La Garrigue reste à déterminer, mais on les a vendangés le vendredi 6 septembre, jour 6 des vendanges. La bonne nouvelle est qu’il y avait plus de vin que l’an dernier, lorsque tous les vignobles ont été touchés par le mildiou. La dégustation du jus le lendemain (pré-fermentation) a une incroyable profondeur de fruits rouges, mais aussi une complexité que l’on pourrait qualifier de minéralité. Bien sûr, le vin sera très différent après la fermentation, mais ce jus a un charactère spécial.

Le lendemain, plus de Syrah rameneé à la cave. Cette fois de la parcelle Segrairals, le plus grand des vignobles de Coutelou. Encore une fois, les grappes sont restées fermes et en bonne santé. La syrah a généralement de petites baies et, en cette année de sécheresse, c’est certainement le cas. Cependant, les raisins sont très sains, sans signe de pourriture ni de maladie. Le jus des Segrairals avait un goût marqué de framboise, pas les notes les plus complexes de La Garrigue, mais très bon en soi.

Syrah de Segrairals, éraflée et son jus dans le verre tandis qu’ Alain la trie

En tant que l’un des cinq principaux cépages rouges de la Syrah du Languedoc, il fait partie intégrante de bon nombre de ses meilleurs vins. C’est un cépage expressif, essayez par exemple quelques-unes des grandes Syrah de l’Ardèche. Elle représente environ un tiers de la production de Coutelou, donc c’est un soulagement et très prometteux: malgré la sécheresse, de grands vins émergeront en 2019.

La Vigne Haute, les raisins et le jus

Jour 6 Jour 7

Vendanges 2019 – Getting Better

Rome, prêt à vendanger

Si le jour 3 avait été consacré aux raisins d’un seul vignoble, le jour 4, le 4 septembre, était un contraste. Muscat de Peilhan, la Syrah qui restaient à Ste. Suzanne (Metaierie) et quelques rangs de son Grenache en plus, on a ramassé quelques rangées de la Syrah de Segrairals.

Le point culminant pour moi, cependant, vendanger la parcel de Rome. C’est mon vignoble préféré, je pense que la plupart des lecteurs le savent maintenant. La semi-solitude, les arbres environnants, la faune et la flore et la collection de vignes en gobelet en font un de mes endroits préférés sur la Terre (regardez la photo sous le titre).

La variété et la nature des vignes les rendent plus intéressantes à cueillir, elles sont individuelles avec des grappes réparties autour d’elles plutôt que la croissance plus uniforme de la plupart des vignes entraînées sur des fils. Cela ralentit le travail mais les avantages de Rome rendent le travail agréable. Jeff va assembler ces raisins avec d’autres pour former une cuvée, car Rome, comme la plupart des parcelles, produisait un jus riche et concentré, mais en petite quantité en raison de la sécheresse.

Tony Boris et Alain Alain,Boris, Fabrice

Ce choix m’a permis de mieux connaître certains membres de l’équipe 2019. Fabrice, un ami de longue date de Jeff, je le connais un peu depuis plusieurs ans, mais c’est bien de passer plus de temps avec lui. Alain, Tony, Boris sont de nouveaux amis. L’un des avantages et des joies de chaque vendange est de faire connaissance avec de nouvelles personnes. La plupart de ces gars passent leurs vacances en tant que volontaires, ils sont tous de bonne compagnie, travaillent dur et forment l’une des meilleures équipes que j’ai connues au cours de mes six années ici.

Jeff et Julien

Le jour 5 a apporté une autre récolte intéressante. Le Riveyrenc est un cépage traditionnel, mais rare, dans le Languedoc. Thierry Navarre à St. Chinian a beaucoup travaillé pour maintenir son profil et connaissance, il mérite bien pour son très bon vin. En mars 2015, Jeff a planté du Riveyrenc Noir et du Riveyrenc Gris, ainsi que d’autres cépages rares telles que Terret Noir et Blanc, Piquepoul Noir et Gris, Morastel. J’étais là ce jour chaud et quatre ans plus tard, cettes vignes produisent déjà de très bons raisins.

Mars, 2015

Nous avons ramassé environ 37 cas de Riveyrenc et, je suis heureux de le signaler, les raisins étaient beaucoup plus juteux que tout ce que nous avions vendangé jusqu’à présent. C’était un plaisir de constater que les caisses coulaient avec du jus pendant qu’on les a triées à la cave. Jusque-là, les caisses étaient très sèches. Le Terret Noir et Blanc étaient un peu moins généreux en quantité mais ils augmentent la quantité. Le fait que cettes vignes produisent de si bons fruits si jeunes promet bien pour l’avenir.

Riveyrenc Gris Terret Noir et Blanc

Syrah et Grenache (quelques rangées de chacun) de La Garrigue ont également été vendangés le matin. L’après-midi a été marqué par le premier Cinsault de l’année, de Segrairals. Les raisins de Cinsault sont généralement gros et juteux. Le millésime signifie que ce n’est pas tout à fait le cas cette année, mais l’idée était d’apporter des fruits à faible teneur en alcool pour assembler avec d’autres cépages, mission accomplie.

Le patron fait une patrouille de la Syrah de La Garrigue

J’ai également aidé Jeff à effectuer un débourbage du blanc et du rosé, c’est-à-dire à séparer le jus des solides qui restaient pour clarifier le vin au début de sa fermentation. Le résidu coloré a toujours l’air intéressant, mais il n’a pas sa place dans un vin frais.

Rome, raisins juteux, travail de cave, variétés rares – de mieux en mieux.

Jour 4 Jour 5

Vendanges 2019 – Magical Mystery Tour

La Magical Mystery Tour des vendanges est en cours. C’est une invitation à poursuivre la lecture de ce qui se passe à Puimisson avec Jeff Coutelou et son gang au cours des prochaines semaines. Satisfaction garantie, j’espère.

Jour 1, vendanges marquées en rouge

Les lecteurs assidus seront conscients que la nature n’a pas été douce cette année. Ce qui promettait d’être un grand millésime en juin avec des fruits abondants et beaux a été miné par la sécheresse. Depuis, il n’a pas plu et les grappes sont toujours abondantes, mais composées de petits raisins. Les quantités seront maigres. Le rapport jus / peaux, pépins et tige est très inférieur à la moyenne, ce qui signifie que des choix doivent être faits en ce qui concerne la vinification, par exemple érafler plutôt que grappes entières pour améliorer ce rapport.

Les huit caisses de Flower Power

Nous avons commencé le vendredi 30 août avec une vendange du matin pour préparer une nouvelle cuvée. Le vignoble Flower Power (Font D’Oulette) était le point de départ. Ce vignoble a été planté avec une riche variété de cépages, une vingtaine ou plus – certains rares. Clairette Musquée (à l’origine hongroise Org Tokosi), Delizia Di Vaprio, Aramon Gris, pour ne nommer que trois cépages. Jeff a beaucoup investi dans cette parcelle, par exemple en apportant des sols volcaniques pour donner de la vie, et les vignes ont semblé en meilleure santé que les années précédentes avec plus de fruits. Cependant, en tant que modèle des effets dévastateurs de la sécheresse, malgré plus de grappes sur les vignes, nous n’avons récolté que huit caisses, contre sept l’année dernière.

Clairette Musquée et Aramon Gris, parmi les cépages de Flower Power

Pour compléter Flower Power, il y a plus de Clairette Musquée de Peilhan et de la Syrah de Segrairals à l’autre côté du village. Les raisins ramenés à la cave étaient mis dans une cuve inox avec de la glace carbonique pour arrêter la fermentation et permettre au jus d’absorber de la couleur et des arômes des peaux. (Le vin a été pressé trois jours plus tard et va maintenant fermenter).

Syrah triée et mise en glace carbonique

Le deuxième jour, Lundi le 2 septembre a commencé avec les raisins blancs de La Garrigue; Sauvignon blanc (faible teneur en alcool, acidité vive, très sauvignon), Muscat d’Alexandrie, Viognier. Directement dans la presse, envoyé en inox à l’étage supérieur dans la cave, un vin blanc sec et frais en préparation.

Blancs de La Garrigue entrent dans la presse, pépins murs, raisins charnus plutot que juteux

Ensuite, temps pour le merlot du Colombié. Ce n’est pas le raisin que Jeff favorise particulièrement, mais il produit, année après année, un bon vin pour assembler avec d’autres pour faire des cuvées telles que «Sauvé De La Citerne» et «Vin De Table».

Alain et Alan font du tri. Il y un parmi nous deux qui ont des cheveux

Cette année, les raisins étaient très petits, ils ont été éraflés et envoyés en une des cuves en béton d’origine. Je triais depuis environ 4 heures et la cuve était à moitié plein, voilà le manque de jus. Plus a été ajouté mais les rendements étaient bien en baisse.

Jour 2

Le fruit est propre, sec et exempt de maladie; le tri consiste donc principalement à enlever les feuilles, les escargots et les raisins non formés. La qualité est excellente, le jus est délicieux avec beaucoup de profil de fruit et une belle acidité – je souhaite juste qu’il y en ait plus. Jeff a “plaisanté” ironiquement qu’avec le petit cuve de Merlot, il pourrait gagner 10 euros.

Belle Syrah de Ste. Suzanne

Jour 3 et la Syrah de Sainte Suzanne (Métaierie sur la carte). C’est la parcelle qui fournit l’essentiel des fruits du très apprécié vin Coutelou, «Le Vin Des Amis». Encore plus de fruits sains, concentrés et au goût sucré et mûr mais … petits grains.

Jour 3

Une dispute perdue avec une tasse de thé bouillante me mettait hors de combat le jour 3, mais j’ai réussi à obtenir des photos (du raisin, pas mes cloques, je vous rassure).
Il y aura des rebondissements dans les prochaines semaines. Malheureusement, il n’y a aucune prévision de pluie pour nous aider. Voyons où le mystère nous mène.

Jeff, soit il vérifie l’alcool, soit il cherche un raisin gros

Amicis

En 2015, pour célébrer le 100ème article de ce blog, Jeff m’a invité à élaborer mon propre vin. Ensemble avec des amis et Pat, ma femme, nous avons vendangé dans le vignoble de Rome du Muscat mais surtout un mélange de Grenache Noir, Grenache Gris et Grenache Blanc. J’ai ensuite pressé les raisins, supervisé leur fermentation et, enfin, mis le vin dans trois types de contenant, une vieille barrique, une (preque) nouvelle barrique et une grande bouteille en verre. L’idée était de voir comment ces contenants influenceraient la maturité du vin.

En octobre dernier, le vin était prêt à mettre en bouteille après trois ans de vieillissement. Et le vendredi 23 août, j’ai étiqueté et ciré les bouteilles. Nous en avions ouvert quelques-uns dans l’intervalle pour permettre aux visiteurs de la cave de goûter et il reste 68 bouteilles. Les bouteilles sont étiquetées en fonction de leur élevage, V pour verre, B pour barrique (le vieux fût) et N pour neuve (le plus jeune fût).

J’ai décidé de nommer mon vin «Amicis». Comme le vin est un produit de mon vignoble préféré, Rome, je voulais un nom latin. Au cours des années précédentes, Jeff avait fait un vin appelé «Copains» de Rome, l’équivalent latin soit Amicis. Il contient aussi mes initiales comme les deux premières lettres et un C pour cent, le billet de blog qui a commencé cette aventure.

Qu’en est-il du vin? Heureusement, je l’aime beaucoup, Jeff aussi (à moins il me le dit!). La version V a la douceur des fruits frais, le verre ayant permis un vieillissement minime, capturant le vin après sa fermentation. Il est sensiblement différent des vins vieillis en fût.

B, le plus vieux tonneau est le suivant en termes de fraîcheur. Les batons du tonneau ont été scellées au fil des années après l’absorption de nombreux vins vieillis là-dedans. Mon vin a eu quelques petites échanges avec l’oxygène et a développé davantage de notes tertiaires, pas seulement le fruit d’origine du V-vin.

N est le plus influencé par l’âge, une couleur légèrement plus foncée, des arômes qui incluent non seulement le fruit mais aussi l’influence ligneuse, légèrement plus sèche en bouche. La jeune barrique a certainement permis un échange d’oxygène plus important avec le vin, ce qui est clairement différent du vin B.

Tiens voilà. Je dois encore une fois remercier Jeff pour cette opportunité fantastique et pour sa générosité qui m’a permis d’utiliser ses raisins, ses barriques et son temps. Il est le meilleur des hommes.
Merci également à Martin, May, Pat, Céline et Delphine pour leur travail en ramassant avec moi, et à Julien et Michel pour leur travail de réalisation de soutirage etc au cours des trois dernières années.
Alors, qui voudrait l’essayer?

Presque là

Grenache Noir de Rome

Les vendanges vont commencer le 2 septembre, . Une visite des vignobles le 19 août m’a mis au courant de leurs progrès. Surtout c’est une bonne nouvelle avec un peu de moins bonne nouvelle, faites votre choix. Commençons par les aspects négatifs qui sont compensés par les aspects positifs que je promets.

Regardez la secheresse des sols à Rome et dans le Carignan à droit

Ce fut une autre année de sécheresse dans la région. Les sceptiques vis-à-vis du changement climatique doivent, s’ils restent, se retrouver dans le sud de la France. Des températures de 45˚C, une manque de précipitations, les agriculteurs tels que les vignerons ont dû se débrouiller avec le présent et planifier l’avenir. Bordeaux autorise l’introduction de nouveaux cépages, car ceux-ci résistent mieux aux températures plus élevées (Castets est l’un de ces cépages, que nous connaissons des vignes de Jeff Coutelou). De nombreux producteurs ici dans le Languedoc utilisent l’irrigation, que les autorités ne désapprouvent plus. D’autres, comme Jeff, refusent de le faire, estimant que l’irrigation n’est pas naturelle et dissimule le vrai goût d’un millésime et du terroir.

Petites baies de Syrah dans La Garrigue

La conséquence pour les vignes cette année c’est que, bien que les baies soient en bonne santé, elles sont plus petites que d’habitude et manquent de jus. Sans de la pluie avant les vendanges on envisage une récolte réduite , le vin risque d’être très concentré. Dans de telles conditions de sécheresse, les vignes commencent même à récupérer l’eau des baies pour survivre. Après plusieurs années de problèmes dus au gel, à la grêle, au mildiou et de la sécheresse, il aurait été un soulagement pour de nombreux producteurs d’obtenir un rendement abondant, cela semble peu probable.

Baies vertes dans le Carignan, millerandage


Les autres principaux inconvénients entraîneront également des rendements plus faibles cette année, millerandage et coulure. La photo montre beaucoup de baies vertes dans les grappes de Carignan parmi les raisins noirs. Ceci est le résultat de problèmes au printemps, lorsqu’une période plus froide et venteuse a endommagé les fleurs et les fruits. Cela signifie que certaines grappes ne poussent pas du tout ou ont beaucoup de baies manquantes, la coulure. Parfois, les baies mûrissent à un rythme différent ou pas du tout, millerandage. Un tri soigneux à la vigne et à la cave lorsque la récolte est en cours.

Millerandage dans Riveyrenc Gris (à gauche), coulure en juin

Cependant, il y a beaucoup de points positifs, ne soyons pas trop sombres. Les grappes sont saines et abondantes. De Grenache à La Garrigue au Cinsault à Rome, j’ai goûté des raisins doux et savoureux. Ils sont toujours acides et ont besoin de temps, mais la saveur du fruit se développe bien, les pépins commencent à virer au brun, signe de maturité.

Voir les nombreuses variétés de raisins de la gamme Coutelou était également gratifiant, le Riveyrenc Noir (photo principale), le Piquepoul Gris (en haut à droite), le Muscat Noir (en bas à droite) sur ces photos n’étant que trois parmi des dizaines. Il y a même un Chasselas à Rome, le cépage qui sert de référence pour la maturation. Toutes les autres variétés sont comparées au moyen de maturation du chasselas, ce qui permet de savoir quand vendanger.

Chasselas

Jeff s’est reposé quelques jours lors de la féria locale, une belle fête a été organisée avec des bouteilles spéciales. La prochaine étape sera le nettoyage des machines et des cuves, nous sommes bien placés.

PS – juste après avoir publie l’article j’ai vu un tweet de Louis Roederer en Champagne qui dit qu’il y aura moins de raisins par cause de la secheresse et la millerandage!

Un grand «bunch»

(En anglais bunch veut dire soit une grappe soit un groupe.)

À la vigne, les raisins ne connaissent peu de répit de la chaleur. Les températures extrêmes du vendredi 28 juin ont peut-être diminué, mais la semaine après était très chaude. Il y a eu peu de précipitations cette année dans la région, ce qui oblige les vignes à puiser dans les sols pour obtenir de l’humidité. C’est l’une des raisons que Jeff Coutelou effectue un très léger griffage du sol au début de l’été afin de créer de petites crêtes qui aideront à retenir l’humidité plutôt que de s’évaporer.

Sols griffés

Néanmoins, le risque reste que, sans pluie, les vignes, incapables de trouver de l’humidité dans le sol ou dans l’air, commencent à épuiser leurs réserves d’eau et d’énergie qui devraient être injectées dans les raisins.

À l’heure actuelle, ce danger ne s’est pas traduit par un stress à la vigne, mais, sans prévision de pluie, il en pèse un dans l’esprit de Jeff. Comme celui qui refuse d’irriguer ses vignes, Jeff court un risque, comme il le fait sous de nombreux aspects de l’agriculture biologique, l’épidémie de mildiou de 2018 en étant l’exemple le plus récent. En effet, alors que je parcourais les vignes ces derniers jours, de belles grappes se forment. Les raisins de la taille d’un petit pois d’il y a quinze jours ont vite aggrandis. En continuant de le faire, la pluie les aiderait certainement à gonfler, la grappe se referme, les raisins se frottent les uns contre les autres pour former la grappe classique que nous connaissons bien aux vendanges.

Et, bien sûr, il existe également un risque à ce stade. À la fermeture de la grappe, aucuns dommages causés par le raisin seront répartis sur la grappe. Un manque d’air à l’intérieur encouragerait la pourriture ou la maladie. Des oeufs du ver de la grappe endommage les raisins surtout dans une grappe. Cependant, laissez-moi ne pas être trop sombre. Les grappes sont là, la grande, grande majorité en bonne santé. C’est maintenant une question de vigilance.

Un groupe d’une autre sorte a fourni un très bon jour il y a quelques semaines. Cédric, qui gère le site Web * vinsnaturels.fr, et quelques-uns de ses amis grenoblois ont rendu visite. Une visite à l’heure du déjeuner, a déclaré Jeff. Il s’est avéré qu’un déjeuner de neuf heures!

Cagette plein d’eau poor refrechir, eaux de vie et huile d’olive Coutelou, nouvelles cuvées

Nous avons goûté à de nombreux vins en vente tels que le Blanc et «Grenache Mise De Printemps». Cependant, c’étaient les barriques rangées à côté et les bouteilles plus anciennes qui en ont fait un autre jour spécial. Dégustation de l’assemblage 2018 de Maccabeu et de Grenache Gris provenant de différents fûts et conteneurs. Un Grenache Gris fortifié. Superbes bouteilles des légendaires Roberta 2003 et La Vigne Haute 2010.

Surprise après surprise, plaisir après plaisir. Accompagné d’un barbecue inhabituel mais très savoureux, oui c’est une brouette. Et un plateau de fromages digne de la table des rois.

Donc, de superbes grappes tout autour. Qu’ils tous restent en bonne santé et qu’ils prospèrent.

Comme brulées au chalumeau

Photo prise de la vidéo de France 3 Occitanie sur Youtube

Triste de signaler d’importants dégâts sur les vignobles de toute l’Occitanie du Roussillon, en passant par l’Aude, l’Hérault jusqu’au Gard, le vendredi 28 juin dernier. Une canicule avait été largement prévue, mais la férocité de la chaleur ce jour-là a néanmoins surpris tout le monde. Dans le Gard, une température enregistrée de 45,9 ° C,  la plus chaude jamais enregistrée en France. Je rentrais d’Espagne et en début de soirée, il faisait 44 ° C de Perpignan à Béziers. Ces températures sont enregistrées à l’ombre, en plein soleil, les vignes étaient en train de subir une chaleur accablante, combinée à des vents forts et chauds du sud.

Un temps chaud peut être bénéfique pour sécher le mildiou, par exemple, mais ce jour-là il n’y avait pas de gains. Les rapports ont commencé à sortir des endommages à la vigne. Des amis tels que Bernard Isarn (Domaine Cadablès à Gabian) signalaient des dégâts importants, il a été rejoint par plein d’autres. Certains ont signalé des pertes jusqu’à 50% dans certaines parcelles.

Photo de Bernard Isarn

Ce serait déjà assez difficile à accepter, mais c’est la quatrième année consécutive que le climat a porté un coup dur à certains vignerons. Le mildiou de 2018, la sécheresse de 2017, le gel et la grêle de 2016 ont tous causé des dommages économiques et agricoles. L’année 2019 avait si bien commencé que ces derniers jours, de nombreuses personnes à qui j’ai parlé, y compris Bernard, ont été enthousiasmées par la progression des vignes. Je ne peux donc qu’imaginer le cœur lourd des vignerons dont les vignes ont été brûlées «comme par un chalumeau».

La combinaison de la chaleur et du vent était le facteur crucial, des autres ont joué un rôle. Les vignes du Languedoc sont longtemps habituées aux grandes chaleurs. Des années tells que 2003 ont été chaudes mais jamais avec ces dégâts. Une différence c’est que la vague de chaleur a eu lieu tôt dans la saison de croissance. La plante plus jeune était moins rustique, plus susceptible. Cela pourrait également expliquer pourquoi autant de personnes touchées étaient des producteurs biologiques. Les vignes cultivées avec beaucoup d’azote sont plus avancées dans leur cycle de croissance, peut-être que les vignes bios étaient plus vulnérables parce qu’elles étaient relativement immatures.

Une autre raison avancée est l’utilisation de traitements au soufre. C’est l’un des outils du vigneron bio, issu d’une boîte à outils plus petite que celle des producteurs conventionnels. Alors que l’oidium menaçait la semaine dernière, de nombreux producteurs en bio ont pulverise du soufre pour lutter contre la maladie. Malheureusement, la combinaison de soufre et de températures élevées conduit à brûler. Jeff Coutelou a résisté aux pulvérisations la semaine dernière à cause de la météo, il est reconnaissant d’avoir pris cette décision.

Photo du Domaine Matassa en Roussillon

Cependant, ces explications sont provisoires, des enquêtes sont en cours. Bernard a rapporté que les vignes endommagées incluaient celles qu’il n’avait pas pulvérisées pendant 20 jours. La mauvaise fortune doit être un facteur. Une autre caractéristique curieuse signalée par plsuieurs c’est que les vignes les plus endommagées étaient les cépages locales et traditionnelles telles que le Carignan, qu’on aurait compté plus résistantes à la chaleur.

Quelles que soient les raisons, il est extrêmement triste pour les personnes touchées et ma sympathie leur va à tous. La productrice locale Catherine Bernard a publié les pensées de son cœur et elles valent bien votre temps de lecture. Le climat soulève des questions auxquelles nous devons tous nous attaquer de toute urgence, les vignerons semblent être en première ligne des luttes à venir.

Melting point de Puimisson

Le creuset de Puimisson

Le week-end dernier, on a reçu des visiteurs à les caves de Jeff Coutelou des États-Unis,de la Suède, la Russie et du Royaume-Uni. Ces derniers mois, je me souviens de visiteurs venus d’Israël, Australie, Taiwan, Danemark et Japon. Nul doute qu’il y en a eu beaucoup d’autres. Ce qui attire tout le monde à Puimisson, c’est le vin, admiré et convoité du monde entier.

Mats-Eric, sa famille et des amis, avec Jeff


J’ai eu beaucoup de plaisir à faire visiter les vignes à l’écrivain suédois de renom Mats-Eric Nilsson et à lui montrer comment les vignes se rapportent aux vins qu’il connait bien. Les températures ayant nettement augmenté la semaine dernière, il était bon de voir les vignes en très bonne santé malgré la chaleur.

Le Kina disparait tres vite

Dans la cave, le changement est en marche. Même si ce sont toujours les vins qui sont le fer de lance et la substance principale du domaine, l’accent a légèrement changé. Le nom «Vins et Spiritueux Coutelou» raconte l’histoire. Vermouth (kina), gin, cognac, triple sec sont maintenant à vendre. Avec une touche Coutelou bien sûr. Pas d’alcool industriel en tant qu’ingrédient, ce qui signifie que les étiquettes doivent suivre scrupuleusement les directives. Pas de gin mais «Djinn» par exemple. Vous vous souvenez peut-être que j’ai rendu compte de la fabrication des vermouths. Il existe trois styles, un très sec, un qui est un peu plus doux grâce à du sucre résiduel et un vermouth rouge aussi.

Pour refléter cette nouvelle branche du domaine Jeff, Julien et Nathan réorganisaient les barriques dans la cave pour créer des zones distinctes pour les spiritueux. Et de ce réarrangement est venu une nouvelle découverte pour moi, un porto.

Fait en 2012, vieilli en barrique (photo en dessus), il ressemble à un porto LBV (Late Bottled Vintage). Le vieillissement en fût lui avait donné une note de bois, mais il y avait un fruit riche et, comme pour les spiritueux, aucune sensation brulante d’alcool à cause de l’alcool naturel que Jeff utilise. Ayant passé quelque temps à Porto cette année et étant un fan de porto en général, je peux dire en toute honnêteté que ce vin est d’une grande qualité, un ajout riche à la gamme.

Le triple sec, un alcool aromatisé à l’orange, est fait dans une cuve inox. Jetez un coup d’œil à la façon dont il a émergé à différentes étapes pour pouvoir l’installer dans des grandes bouteilles. Les différentes étapes sont évidentes.

Vermouth stocké a la cave de solera, la barrique a gauche a besoin d’attention

Avec Jeff, il y a toujours du changement, de l’expérimentation et de nouveaux vins et produits. Il aime relever et maîtriser les différents styles. Et c’est sans mentioner à nouveau le système solera. C’est vraiment un melting pot, un creuset de découverte. Le fait qu’il attire le soutien venu de tous coins de la planète suggère qu’il y a plein beaucoup d’autres qui apprécient son travail et cette créativité.

Sous les yeux d’un expert

Je visite régulièrement dans les vignobles de Coutelou, en regardant les changements et la croissance, en savourant la tranquillité et le lien avec la nature, les vignes, la flore et la faune. Néanmoins, beaucoup plus intéressant c’est de faire une tournée avec Jeff lui-même. Sa connaissance approfondie de ses terres et ses vignes ajoute énormément à l’expérience. Jeff était professeur de nombreuses années et j’apprends toujours beaucoup de lui.

Sols de Rome


Nous avons déclenché dans mon vignoble préféré, Rome. Cette parcelle, entourée d’arbres, est un paradis pour la faune. Les grandes vignes de Grenache en gobelet ont plus de 40 ans et Jeff m’a expliqué que le sol de Rome mesure environ 30 à 40 cm de profondeur, principalement constitué de résidus forestiers, par exemple de feuilles pourries. Le sol est un riche humus, plein de vie. En soulevant une motte, on découvrit des fils fongiques, des insectes (recherchez les corps noirs) et des vers.

Syrah de Ste Suzanne, grosses feuilles du sud et des grappes en formation

Continuation vers Sainte Suzanne et ses Syrah et Grenache, qui font tellement partie du Vin Des Amis, un phare de la gamme Coutelou. La floraison achevée pour la plupart, la Syrah habituellement plus avancée que d’autres cépages. Les grappes ressemblent à des pois. Des feuilles gigantesques telles que cette syrah et ce muscat à Peilhan montrent comment les cépages méditerranéens protègent leurs raisins du soleil du sud en raison de leur taille et de leur texture épaisse et matelassé.

Floraison a droit mais Jeff indique la coulure

De manière décevante, il y avait aussi des traces de coulure, ici et à La Garrigue, en particulier avec le Grenache, qui fleurit plus tard. La floraison a persisté plus longtemps cette année, les rendant plus susceptibles à cette coulure.

Coulure

Cela se produit lorsque le vent ou la pluie endommage les fleurs et que le fruit ne peut pas se met à la vigne. Une pluie de raisins non formés est tombée dans la main de Jeff alors qu’il la traversait à travers une grappe. La conséquence est que la récolte sera bonne mais pas aussi abondante qu’on avait espérée, en particulier après la maigre récolte de 2018 ravagée par le mildiou.

Oidium sur grappe

Cette année, la principale menace est l’oïdium. Lorsqu’on a visité le vignoble de Carignan, Rec D’Oulette, Jeff a immédiatement repéré les signes, je ne les aurais probablement pas vu. Oidium attaque généralement la feuille et la tige, laissant un résidu blanc poudreux. Ici, l’oïdium avait attaqué la grappe directement, laissant une teinte grise au raisin vert ressemblant à un pois. Encouragé par l’alternance de journées chaudes et de nuits froides que nous avons vues récemment, l’oïdium doit être traité. Jeff utilise du soufre mélangé à de l’argile qui aide le soufre à coller à la plante. Jusqu’à présent, les dégâts sont limités et le temps s’est réchauffé, ce qui pourrait contribuer à assécher la maladie. Certes, il y avait des preuves de cela, les taches noires sur ces tiges et ces feuilles en sont la preuve. (photo en dessous)

Un autre ravageur également en évidence. Cette substance blanche et cotonneuse sur ma main est le cocon de ver de la grappe, un papillon de nuit qui pond des oeufs dans les raisins et les larves percent les peaux et causent une détérioration bactérienne. Les insecticides seraient la réponse conventionnelle, mais interdites pour les vignerons biologiques. Les prédateurs naturels tels que les chauves-souris sont la solution, une des raisons pour lesquelles Jeff a des abris de chauves-souris dans les arbres autour des vignes.

Plus d’arbres ont été plantés, Nathan et Julien s’occupaient de la frontière du vignoble de Peilhan où des arbres fruitiers tels que cette poire commencent à pousser et à s’établir.

Dans les vignes, ells avaient un air de bien-être, comme ce Carignan Blanc, Piquepoul Gris et Muscat à Peilhan et le Mourvèdre à Segrairals.

Une visite de 3 heures a révélé tant de choses sur l’état des vignes cette année. Prometteur d’une récolte de bonne qualité, même s’il est encore tôt. La coulure veut dire que ce ne sera pas une récolte exceptionnelle, mais sûrement qu’il reste beacoup à faire pour entretenir les vignes que Jeff cultive avec tant de soin. Les nouvelles plantations telles que celle-ci de Clairette et Maccabeu sont aussi des signes d’un avenir en bonne santé.

Il y a des politiciens britanniques qui vous diraient qu’il ne faut pas écouter les experts. Ce matin les a démontré d’être des cons. Sous le titre de mon blog il dit “Apprendre sur le vin, les vignes, et les vignerons”. Ce matin Jeff m’a bien enseigné.

Nouvelle lune

La météo continue de se confondre ici dans le Languedoc. Quelques jours de soleil et de chaleur puis de retour aux nuages ​​gris et au vent. Et maintenant nous avons de l’humidité et quelques averses courtes mais lourdes.
Les vignes étaient en excellente santé jusqu’à présent et elles le sont toujours comme je l’écris le 10 juin. La nouvelle lune a eu lieu le 3 juin et c’est à ce moment-là que les producteurs en biodynamie commencent à être nerveux, car ils croient que cela peut entraîner la maladie. L’alternance de chaleur et de nuits fraîches avec l’humidité incite certainement à l’oidium et quelques tâches sont apparues, par exemple dans le Maccabeu. Rien d’inquiétant pour le moment, mais Jeff a eu recours à un traitement biologique la semaine dernière pour éliminer tout danger dans l’œuf.

Une visite des vignes le lendemain de la nouvelle lune a montré leur bien être et la rapidité de leur croissance.

Sainte Suzanne, croissance des memes vignes dans une semaine

Cela a également démontré à quel point je me suis trompé lorsque j’ai récemment écrit sur la fin de la floraison. En fait, tout est retardé de deux semaines en raison de la sécheresse de l’hiver et du printemps donc il y avait toujours des fleurs ce jour là. La floraison est maintenant terminée, il y a beaucoup de grappes sur les vignes et cela reste très prometteur, mais espérons que cette humidité disparaîtra bientôt.

Un point d’intérêt, les nouvelles plantations à Rome. Le tissu épais autour du pied de la vigne dissuade les mauvaises herbes de concurrencer les jeunes plantes et préserve également l’humidité du sol pour leur bien.

Entre-temps, l’émission de radio que j’ai mentionnée récemment a été diffusée et le podcast paraîtra ici le 11 juin, ce qui mérite une écoute particulière, y inclus la chanson classique par The Clash

La mise, la ouverture


Lune descendante, pression atmosphérique élevée, il est temps d’embouteiller certains des vins de 2018. Cela signifie également que les cuves peuvent être vidées et nettoyées en prévision de la récolte 2019. Oui, un viticulteur doit déjà y penser alors même que les grappes sont en train de se former et qu’il ne reste plus que 3 ou 4 mois.

Magnum


Deux de mes vins Coutelou préférés étaient mis en bouteille vendredi le 24 mai, Classe et La Vigne Haute. Comme ce dernier est le vin que je choisirais pour mon dernier gout de vin, Jeff m’a invité à aider. Il a la chance d’avoir sa propre chaîne d’embouteillage afin de pouvoir choisir exactement le jour quand les conditions sont propices à ce processus crucial. Le vin doit être mis en bouteille et en liège au plus vite pour éviter toute oxydation.


La machine d’embouteillage automatiquement:

  • remplit la bouteille
  • teste le niveau de vin dedans, ajoutant ou enlevant en conséquence
  • bouche les bouteilles
  • envoie la bouteille dans un voyage de 3 minutes pour laisser le bouchon dans le cou
    Il est fascinant de voir ce que vous voyez vous-même dans cette video.

Les bouteilles sont stockées sur des feuilles de plastique moulées ou dans un pallox, ce qui est beaucoup plus difficile à faire. Elles trouvent obstinément des moyens de s’assembler maladroitement, ce qui provoque des bosses dans les couches.

Julien, Nathan, Christian et moi-même, nous avons pris part aux différentes tâches pendant 10 heures ce jour, chacun prenant une pause pour manger et boire un verre. Nous devons vérifier chaque bouteille pour nous assurer que le bouchon est bien scellé et qu’il n’y a aucune fuite de vin. Tous ceux qui le sont sont réservés à l’utilisation dans les dégustations ici à la cave .

Magnum couleuse


Jeff, à son tour aussi, bien sûr, mais était aussi occupé par d’autres tâches, comme des dégustations pour un restaurateur, une interview à la radio.

Les deux vins étaient en bonne forme, Classe plus immédiate, La Vigne Haute avec plus de structure et de tanins mais de beaux fruits, ce serait grand. Malheureusement, tous les vins de 2018, il n’y en aura pas beaucoup.

On a ouvert un autre vin aussi. Jeff m’a envoyé à la cave Solera pour trouver l’une des bouteilles de mon vin, celle que j’ai fait à partir de vignes du vignoble Rome en 2015 pour célébrer mon 100ème article sur le blog. C’était celui de l’ancienne barrique. Je l’ai bien aimé, mes compagnons ont été généreux dans leurs commentaires. Il y a un peu de douceur résiduelle ainsi que les bouquets tertiaires de 3 ans en fût, une influence plus sèche avec une influence de raisin. Il sera intéressant de comparer les vins de la nouvelle barrique et de la bouteille en verre.


Une longue journée fatigante physiquement mais toujours enrichissante. La mise en bouteille est un processus tellement important pour amener le vin au client qu’il est impératif de le faire correctement. Cela n’améliore pas le vin mais cela pourrait le gâcher. Heureusement, tout allait bien ce jour-là et cettes bouteilles mériteront d’être recherchées.

Julien remplit des magnums en direct, la cuve est nettoyée y inclus les crystales de tartrate

Retour 2019

De retour dans les vignobles de Coutelou. En conduisant là dedans il y a le sentiment de ne jamais être absent mais aussi d’anticipation – quoi de neuf? Cela peut paraître étrange car les vignobles ne changent pas trop d’une année à l’autre, mais chaque millésime est différent. L’année dernière, les vignes souffraient déjà du mildiou répandu dans la région à la suite d’un printemps humide. 2019, le temps a fait le contraire. Un hiver sec, un printemps sec avec un temps frais et ensoleillé ont été bénéfiques pour les vignes. Ils ont l’air aussi sains que je me souvienne au cours des années de mon séjour ici.

Feuilles de Grenache tres saines Débourrement


Des nouvelles plantations et des greffes signifient qu’il y a toujours du petit changement. Cette année, il a surtout été question de remplacer des vignes qui avaient échoués. Il est temps de les laisser mûrir et s’établir.

Mais, une nouvelle parcelle à côté de Ste. Suzanne. Une parcelle trop mouillée ces derniers ans, elle est maintenant plantée avec Clairette et Macabeu, donc plus de vin blanc à l’avenir.

Nouvelle plantation, la zone avant la cabane

Une année sèche a également permis à Jeff de labourer légèrement des vignobles trop humides ces dernières années. Rome a par exemple été légèrement grattée. Rien de trop grave qui bouleverserait la vie dans le sol, juste assez pour l’aérer.


Ils ont vraiment l’air de bien être. La parcelle Flower Power a également vu un petit labour pour permettre aux jeunes vignes de s’épanouir sans la concurrence de l’herbe. Si vous regardez les photos, vous verrez les vignes voisines appartenant à d’autres, plantées beaucoup plus densément. Ces vignes sont florissantes avec leur irrigation et leurs engrais, presque uniformes, vert foncé avec l’azote qu’elles reçoivent. Les vignes Flower Power sont plus courtes et plus délicates, elles grandissent à un rythme naturel et retrouvent lentement leur maturité. Ici, et dans tous les autres vignobles, la floraison est presque complète, les grappes sont définies (débourrement).


Après la récolte très réduite de l’an dernier, il serait grandement apprécié d’accueillir une année abondante pour reconstituer les cuves et les fûts vidés afin de combler le manque de vin et de revenus. Les signes sont propices, espérons que les vents et le soleil du nord continuent de soutenir la santé des vignes et leur permettent de réaliser un début aussi prometteur.


Une curiosité pour l’hiver. À la fin de 2018, l’artiste Anthony Duchene souhaitait créer une exposition mettant en évidence l’effet de sols sains. Dans de nombreux vignobles naturels de la région, des sous-vêtements ont été enterrés. Chez Jeff, un slip est enterré dans la vignoble de Rome. Ce printemps, il est déterré et révèle l’activité qui se déroule dans les sols par la vie animale et microbienne. Une démonstration inhabituelle mais efficace. Le travail de Duchene est exposé à Liège dans la galerie Yoko Uhoda.
Et, bien sûr, les lecteurs assidus se demandent souvent comment se porte Icare. Par coïncidence, c’était le jour de sa coiffure d’été, alors vous pouvez voir qu’il a été bien préparé pour le beau temps. C’est un chien heureux.


C’était une belle journée ensoleillée lorsque j’ai effectué une tournée le 21 mai. Rome était animée par les couleurs des genêts et des fleurs, les roses bordaient les vignobles de Peilhan et de Rec D’Oulette. C’était bon d’être sur place.